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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 09:41

Voici un article paru sur finance watch écrit par Jules Bridier

La presse internationale est-elle devenue plus efficace que tous les experts des services fiscaux des États pour débusquer les opérations d’évasion fiscale et de blanchiment de capitaux? C’est le constat que l’on peut tirer des révélations qui, après les scandales LuxLeaks et SwissLeaks, met aujourd’hui en cause le Panama grâce, en France, au journal Le Monde et à l'émission Cash Investigations. Et il aura fallu cette médiatisation à propos d’un pays pourtant connu de longue date pour être un paradis fiscal pour que la justice française ouvre, le 4 avril, une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraudes fiscales aggravées».

Comme si les fins limiers de Bercy dont c’est la spécialité –et leurs homologues dans d’autres pays– avaient échoué à découvrir le pot aux roses. Ou plutôt, comme si on les avait privé des moyens de mener leurs investigations.

Le Panama, un paradis trop vite blanchi?

Pourtant, le Panama est bien connu des services de lutte contre l’évasion fiscale. Il figura même longtemps sur la liste noire des paradis fiscaux établie par l’OCDE afin de s’attaquer à ce fléau qui mine les démocraties. Le Groupe d‘action financière intergouvernemental (Gafi), réunissant 37 pays membres dans le monde, l’avait également intégré dans sa liste des paradis fiscaux.

Mais suite aux engagements pris par ces territoires opaques pour introduire de la transparence dans leurs pratiques et procéder aux échanges d’informations fiscales requis par les membres du G20, le Panama fut sorti de la liste de l’OCDE avec 37 autres juridictions. De sorte qu’aujourd’hui, les derniers récalcitrants ayant décidé de se plier aux nouvelles règles, «il n’y a plus actuellement aucune juridiction dans la liste des paradis fiscaux non coopératifs du Comité des affaires fiscales de l’OCDE», conclut l’organisation internationale. Et au Gafi, un communiqué de février dernier confirme que le Panama a été blanchi suite aux efforts accomplis pour sortir de l’opacité.

Quant à la liste des paradis fiscaux retenue par la France, si elle comporte encore quelques territoires exotiques (Bostwana, Brunei, Guatemala, Îles Marshall, Nauru et Niue), elle ne comprenait plus, jusqu'à il y a encore quelques jours, le Panama même si, en décembre dernier, Bercy avait souligné qu’il resterait en 2016 très attentif à l’évolution des échanges avec cet Etat. Une réserve bien insuffisante au regard de l’apparent manque de coopération du Panama: pour que Bercy lance une enquête et annonce le retour du Panama sur la liste des paradis fiscaux, c’est bien que ses limiers n’avaient pas eu accès aux informations des «Panama papers» qui la justifient aujourd’hui.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi les lanceurs d’alerte préfèrent livrer leurs informations au Consortium international pour le journalisme d’investigation (ICIJ), fort d’une centaine de titres dans le monde, plutôt qu’à des services d’Etat, afin que leurs révélations ne risquent pas d’être enterrées. Car même si le Panama a acquis une virginité nouvelle au regard des critères officiels, l’opacité n’a manifestement pas disparu.

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